C’est l’histoire de quatre potes qui décident presque sur un coup de tête de parcourir plus de 2000 kilomètres en quatre jours. Récit de notre premier voyage au Canada, et pas des moindres : un weekend prolongé à la pointe de la Gaspésie !

La Gaspésie est une région du Québec située à l’embouchure du fleuve St Laurent. Selon sa page Wikipédia, “le nom de Gaspésie est un dérivé du mot Gaspé qui est un dérivé du terme micmac [le peuple autochtone de la région, ndlr] « Gespeg » signifiant « fin des terres ». La péninsule gaspésienne fut le berceau du Canada lors du débarquement de Jacques Cartier en 1534″. Sa superficie est de plus de 30 000 km², soit à peu-près comme la région PACA ou les Hauts de France.

Note : vous pouvez cliquer sur toutes les photos pour les agrandir.

Nous avons passé le weekend dans le parc national Forillon, à la pointe extrême est de la péninsule, à côté de Gaspé (le petit bout vert sur la carte ci-dessus), dans l’Auberge internationale Forillon. Une très bonne adresse, pas très chère (30$/nuit en dortoir), idéalement située (Gaspé à une trentaine de minutes, le parc à une dizaine à peine) et avec un super gérant toujours partant pour vous proposer des activités gratuites et mémorables comme j’en parlerai plus bas. Merci à toi Gilles !

Mais au fait, pourquoi partir si loin pour un premier voyage ? Une amie d’enfance, Louison, fait ses études à Gaspé et est sur le point de les finir et de rentrer en France. C’était donc l’occasion de la voir tout en découvrant une région qu’on m’avait décrite comme magnifique !

À voir : la galerie complète de notre séjour

Sommaire

Vendredi 1er septembre
Samedi 2 septembre
Dimanche 3 septembre
Lundi 4 septembre
Budget
Divers

– Vendredi 1er septembre –

Nous avons tous les quatre la chance de ne jamais avoir cours le vendredi à l’UQAC, départ donc vers 10h15 avec la voiture de location. Étant donné que nous ne prenons pas le traversier pour passer de l’autre côté du St Laurent (trop cher et trop peu rentable au niveau du gain de temps d’après le GPS), nous savons qu’il ne faut pas traîner. Nous descendons en effet jusqu’à Québec avant de remonter le long de la péninsule, ce qui devrait nous prendre une dizaine d’heures et environ 900km. En bref, nous allons traverser la France !

Victor et moi nous relayons pour conduire sous un temps tantôt pluvieux, tantôt gris, mais jamais ensoleillé. Est-ce de mauvaise augure pour le weekend ? Les paysages se succèdent : la forêt jusqu’à l’horizon dans la réserve faunique des Laurentides, les immeubles à Québec, des champs à Lévis, de la campagne ensuite, jusqu’aux environs de Matane où la route se met à serpenter à flanc de rivière. Ou plutôt devrais-je dire à flanc de mer, tant le St Laurent est gigantesque – on n’en voit pas l’autre rive ! Quelques stops pour manger et faire le plein, jamais bien longs : nous devons arriver à l’auberge vers 21h. Rouler le long de la côte est génial et les paysages sont à couper le souffle, impression accentuée par le mauvais temps et le vent qui produisent des vagues qui viennent se fracasser en contrebas de la route. Les dernières heures sont faites dans le noir et sous la pluie, à travers le paysage vallonné du bout de la Gaspésie : on ne voit rien au-dehors mais on se demande bien quel peut être le relief, vu le point auquel nous montons, descendons et tournons sans arrêt ! Une fois à l’auberge, nous filons manger avant de nous installer : Gilles nous conseille le petit restaurant à côté, Le Baleinier. Histoire de bien finir la journée, nous commandons tous une poutine : classique pour Lucas, aux crevettes pour Victor, Aymeri et moi ! Nous nous couchons ensuite sans tarder, demain nous attaquons tôt !

 

– Samedi 2 septembre –

Réveil un peu difficile, quelques courses pour le midi, un peu de route pour accéder au départ de la randonnée : c’est parti pour 7 petits kilomètres aujourd’hui autour du Mont Saint-Alban et du Cap Bon-Ami ! Rien de bien difficile pour accéder au sommet et sa tour d’observation, on marche dans la forêt à l’abri du vent. La vue depuis là-haut est magnifique, nous avons un panorama complet sur le parc du Forillon entre terre vallonnée et mer à perte de vue. Au pied du mont se trouve le cap, nous descendons donc de 200 mètres pour atteindre la plage où nous mangeons à midi. Les strates sédimentaires sont visibles tout autour de nous et c’est vraiment impressionnant. Le vent souffle toujours et produit de belles petites vagues qui remuent les galets gris. Au loin, les falaises surplombent l’eau à pic, mais interdiction d’y aller : c’est une réserve marine où des phoques sont notamment installés.

Plage du Petit-Gaspé

Le panorama depuis la tour d’observation en haut du Mt St-Alban. À gauche : Gaspé.

En repartant, nous croisons un couple de Français que nous avions déjà rencontrés à l’aller qui nous explique avoir croisé une ourse et ses trois oursons (chose rare ! Ils sont généralement deux) non loin d’ici. “Wow, la chance !”, on aimerait aussi les croiser ! Le reste du chemin se fait donc en silence et en observant les alentours, mais il faut se rendre à l’évidence : la famille est déjà sans doute loin. Ça sera peut-être pour une prochaine fois ! Les derniers kilomètres se font sans difficulté, nous suivons la courbe de niveau dans les bois jusqu’au parking. Avant de partir, un dernier moment sur la plage du Petit-Gaspé où Victor perfectionne ses ricochets (le grand hobby de ce weekend). Cette marche n’était ni longue, ni compliquée, mais nous a pris 5h en nous arrêtant très régulièrement pour profiter du paysage, prendre des photos et déjeuner. Je serais bien restée plus longtemps au Cap à écouter le va et vient des vagues !

Nous nous reposons une heure à l’auberge avant de repartir avec Gilles et d’autres personnes tenter de voir des saumons dans la rivière Darthmouth. Le lieu, en pleine forêt, est magique, mais le mauvais temps d’hier a trop remué l’eau et elle est trop trouble pour que nous puissions voir les poissons. Un premier essai dans une fosse à saumons, puis un autre tout ailleurs autant infructueux : ça ne sera pas pour aujourd’hui ! À défaut, cela nous aura permis de découvrir un très beau coin sauvage, qui est d’ailleurs en hiver une autoroute à motoneige d’après notre guide !

Le soir, nous avons rendez-vous avec mon amie Louison et son coloc Gabi à Gaspé pour passer la soirée. Nous mangeons au Brise Bise, un resto typique du coin qui propose plusieurs plats à base de produits de la mer, chose que nous cherchions en venant ici ! Ça sera un fish n’ chips à tomber pour moi, le plat du jour à base de crevettes pour Aymeri et une sorte de gratin/plat en béchamel avec des fruits de mer pour Victor. À son grand désarroi d’ailleurs, lui qui avait salivé toute la journée à l’idée de manger du homard… horreur, malheur, la saison vient juste de se clôturer. En dessert : cheesecake, tarte au lime et tarte à l’érable à se rouler par terre… Nous venons assurément de reprendre toutes les calories brûlées à marcher aujourd’hui (aucune once de regret, cependant).

 

– Dimanche 3 septembre –

Aujourd’hui, rando un peu plus sportive puisque longue de 15km environ : nous allons au bout du monde, au Cap Gaspé ! C’est l’extrême pointe de la péninsule, et nous suivons le chemin côtier pour y accéder. En chemin, nous en apprenons plus sur l’activité de pêche à la morue qui a été moteur de toute la région au siècle dernier et nous en prenons plein les yeux avec un temps grandiose et un superbe panorama sur la Baie de Gaspé. Et au loin, nous apercevons des jets de baleine ! Elles sont en effet apparemment quatre dans la baie en ce moment, et nous gardons les yeux rivés sur elles dans l’espoir de voir plus que leur souffle. Malheureusement, elles sont bien trop loin et nous ne sommes pas dans un reportage National Geographic : dans la vraie vie, elles ne se jettent pas dans les airs à chaque fois qu’elles respirent ! En revanche, nous sommes plus chanceux sur les phoques, puisque nous en voyons quelques-uns en contrebas du sentier, qui nagent au bord de l’eau. La végétation est abondante et assez fournie : les buissons sont souvent colorés, de même que les fleurs, et la forêt est très rapidement présente au bord de la mer.

La Baie de Gaspé

L’arrivée au cap est moins impressionnante que nous le pensions : la falaise n’est pas aussi abrupte qu’elle ne le paraissait, et il y a même d’autres “avancements” qui prolongent un peu la terre après le cap et son phare. Cependant, cet endroit est la fin du Sentier International des Appalaches (SIA), qui part du Maine (États-Unis) pour se terminer ici, soit plus de 650km. Il s’agit du premier GR hors Europe, appellation que l’on connaît plutôt bien en France puisqu’il s’agit du label Grande Randonnée, délivré par la FFRandonnée. Tout un symbole, donc ! D’autant plus que le SIA est relié à l’Appalachian Trail (AT), qui lui part de la Géorgie pour suivre toute la chaîne des Appalaches jusqu’au Maine : plus de 3 500km ! En bref, la fin d’un sacré sentier de randonnée. Le retour se fait tranquillement sous un temps toujours aussi radieux (nos joues rougies en témoignent…) et nous nous reposons un moment à l’auberge avant de partir rencontrer un biologiste du parc Forillon pour tenter de voir des castors.Le soleil se couche sur les QUENOUILLES !

Au premier plan, une hutte de castors

Manque de bol, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée et le groupe est assez important (15/20 personnes). Nous faisons la première partie de la sortie, mais vu notre nombre et le fait qu’il y avait des enfants (mal élevés et bruyants bien sûr, sinon ça ne serait pas drôle), nous sommes certains de ne pas réussir à voir les rongeurs et préférons partir avant la deuxième partie de la marche, pour aller voir le coucher de soleil. Et quelle décision ! La personne à l’accueil de l’auberge nous indique un spot parfait pour aller l’observer, au bout de la plage, et nous nous dépêchons d’y aller. En marchant le long du sable, nous voyons des phoques à quelques mètres dans l’eau qui nous observent, et un spectacle d’une beauté sans nom nous attend ensuite. La lumière dorée caractéristique de ce moment est amplifiée par la mer et les nuages s’embrasent au loin, avant que des dégradés ne se créent : jaune, rose, bleu… la vue est tout bonnement incroyable et j’aimerais bien pouvoir appuyer sur pause pour contempler durant des heures la beauté de la nature. Bon sang, qu’est-ce qu’on est bien ici… est-ce qu’on est vraiment obligés de rentrer ?

 

– Lundi 4 septembre –

Eh oui, on est vraiment obligés de rentrer. Au moins, on a le beau temps avec nous pour rouler cette fois ! Et puis avant ça, Gilles nous propose une dernière petite sortie pour aller voir des phoques à deux pas de l’auberge. Objectif atteint avec une petite colonie qui faisait trempette dans un coin dont seul notre aubergiste a le secret ! Deux phoques viennent nager à notre rencontre, sans toutefois trop s’approcher : ils se contentent de nous regarder avec un air curieux, en se demandant bien qu’est-ce qu’on pouvait faire sur ces rochers à les regarder. À 10h30, il faut vraiment plier bagage et partir. Bye-bye petit pays ! Sur le chemin du retour, on a enfin l’occasion d’observer l’environnement vallonné par lequel nous sommes arrivés vendredi sans rien voir, et c’est vraiment beau : les collines montagneuses côtoient le plat infini de la mer de si près !

Notre poto le phoque curieux

Le voyage se passera sans fait notable, si ce n’est notre pause midi à Matane dans un A&W où nous nous sommes littéralement explosé le bide comme vous pouvez le constater sur le fil Instagram du blog (et dans la colonne de droite →, où vous ne voyez pas la glace vanille à l’italienne de 10 bons centimètres de haut qui nous a servi de dessert). Arrivée à Chicoutimi avant 22h accompagnés d’un superbe live des Daft Punk qui nous aurait donné envie de rouler jusqu’au bout du monde. Nous sommes allés bien plus vite qu’à l’aller : comme dirait Victor, “On a bombardé !”.

La maison la plus WTF qu’on ait vu :
le manoir de Donald

En bref, ce petit weekend au bout du monde était tout simplement excellent : pour une première escapade dans le pays, nous ne pouvions pas espérer mieux ! Tous les paysages ont été à couper le souffle, avec une nature très très présente et tout autant sauvage, des gens très accueillants et passionnés de leur région et des dizaines de façon de s’amuser et de découvrir le coin, de façon gratuite et débrouillarde ou plus comfy et payante (croisières aux baleines, plongées/kayak avec les phoques, visite d’îles…). En bref, si vous avez la chance et l’occasion de pouvoir vous rendre en Gaspésie une fois dans votre vie, n’hésitez pas. La beauté se trouve dans chacun de ses recoins ! Et depuis mardi, c’est le dur retour à la réalité et à l’université qui me rend déjà nostalgique de ce magnifique mais trop court séjour.

 

– Budget –

Inclus : location de voiture pour 4 jours, carburant, auberge en dortoir pour 3 nuits, nourriture, activités (toutes gratuites).

Total : ~307$, soit ~209€ (~52€/jour).

N’hésitez pas à demander les détails en commentaire si ça vous intéresse !

 

– Divers –

• Nous n’avons croisé aucun péage durant nos trajets (bien qu’ayant pris l’autoroute), je ne sais pas si c’est ainsi dans tout le Canada ou juste au Québec, mais ça a assurément allégé le budget !

Fun fact : bien que les autoroutes soient limitées à 90 km/h et les routes secondaires généralement à cette même vitesse ou 70 km/h, personne ne respecte les limitations, et il n’y a pas de radars (ou seulement aux abords des grandes villes comme Québec). Cela donne donc un joyeux festival de gens qui roulent dans les 120 km/h sur autoroute (l’histoire ne dit pas si nous étions aussi à cette vitesse ou si nous avons gardé nos habitudes françaises…) et à 80 km/h en ville.

Les distances ici sont tout bonnement folles. Sur une carte, cela ne paraît pas si loin, mais l’espace est en fait colossal. Ça laisse rêveur et songeur sur le reste du pays… c’est incomparable par rapport à la France.

 

Êtes-vous déjà allé(e) en Gaspésie, ou dans un autre superbe endroit au Québec ? Avez-vous des recommandations pour un prochain weekend ? Dites-moi tout !

 

À voir : la galerie complète de notre séjour

 

5 Thoughts to “Escapade en Gaspésie”

    1. Merci Cherifa ! Je sais que Lucas partage souvent les articles avec la famille mais n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter ! 🙂

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