Dans 15 jours, mardi 24 juillet, je décollerai du Québec et mon année ici sera officiellement terminée. Une dernière ligne droite courte, mais pas aussi évidente que je ne l’imaginais. Confessions d’une Marie un peu perdue.

J’ai la chance d’avoir toujours aimé écrire. Depuis que je suis à l’école primaire, l’écriture a toujours eu sa place dans ma vie (j’ai même écrit plusieurs nouvelles/romans dont un que j’ai fait lire à ma prof de français en 6ème dans l’espoir d’être publiée *ahem*), et elle s’est peu à peu imposée comme l’un de mes moyens préférés pour m’exprimer et réfléchir. Pourtant, ces derniers temps, cela ne suffit plus.

Je suis seule à Chicoutimi depuis le début du mois, car tous mes amis qui étaient à l’université sont partis, leur année étant finie contrairement à moi qui suis en stage. Les départs au compte-gouttes ont tous été désagréables et tristes, et le dernier fut le pire puisqu’il s’agissait de Sam. C’est dur de se défaire des habitudes, surtout lorsqu’on les avait depuis des mois ! Se réhabituer à être seule, ne plus aller pêcher après le travail, ne plus avoir quelqu’un à qui raconter sa journée ou avec qui regarder une série, renoncer à boire un coup autour d’un barbecue le soir, les journées de weekend vides et longues… Mais aussi réaliser et accepter que toute l’aventure qu’on vient de vivre se termine, que ce sont des moments que nous ne revivrons jamais et que le chapitre est clos, même si les souvenirs seront intacts toute notre vie…

Qu’on se le dise : l’homme est un animal social, et je dois en être l’un des meilleurs exemples. Je hais la solitude. Je croyais sincèrement être capable de m’en sortir seule, ayant déjà fait l’expérience en France, mais c’est mille fois plus facile de supporter cela lorsqu’on a tout de même des amis à voir, des choses à faire et surtout une voiture à disposition, qui nous garantit l’autonomie. Ici, ce manque se fait cruellement sentir et je compte les heures qui s’égrainent le dimanche… La difficulté est de réapprendre à s’occuper avec ce qu’on a sous la main, et d’accepter d’être seule. Deux choses sur lesquelles j’ai beaucoup de mal ! Et puis le manque de présence humaine est un autre facteur important. C’est bien de sortir, se promener… Mais notre cher ami Christopher McCandless d’Into the Wild ne nous a-t-il pas appris qu’« Happiness is only real when shared » ? À quoi bon faire des super choses, voir de sublimes paysages… sans avoir personne de cher à ses côtés ? Certains diront qu’on devrait profiter des choses pour nous seulement, pour notre propre bonheur, et bien que j’approuve cette pensée et l’applique pour certains petits plaisirs égoïstes comme la randonnée que j’aime pratiquer seule, je préfère bien souvent avoir quelqu’un à mes côtés pour vivre intensément le moment.

Je suis contente de travailler pour m’occuper en journée et réduire mes périodes d’angoisse à quelques heures le soir seulement. Contente d’avoir ma famille et mes amis aussi, sur qui je peux compter pour des mots réconfortants lorsqu’ils sont nécessaires. Finalement, on apprend beaucoup de choses sur soi en voyageant, tant de façon positive que négative, et c’est toujours une belle occasion de mieux se connaître et savoir ce que l’on veut et ce qui nous est nécessaire ! Même si pour le moment je suis dans une situation qui m’est inconfortable, j’essaye de la prendre du mieux possible et d’en tirer le plus de choses positives possibles aussi. Il y a toujours des leçons à apprendre à chaque moment de la vie, bon comme mauvais ! Celle que je suis en train d’intégrer est que j’aime voyager, vivre à l’étranger, découvrir une nouvelle culture et me fondre dedans… mais lorsque je suis accompagnée. Soyez libres de la juger, mais je suis contente de m’en être rendue compte maintenant. Les voyages yolo – solo, très peu pour moi pour le moment !

Samedi prochain le 14 juillet c’est mon anniversaire (23 ans 🎉), je vais donc trouver de quoi m’occuper pour les deux jours, et pour la dernière fin de semaine et derniers jours ici nous partons en road trip à Toronto + chutes du Niagara et Montréal avec Sylvain, mon collègue préféré. De quoi bien occuper la fin de mon séjour canadien, qui m’aura décidément marquée sur de nombreux aspects.

J’aimerais beaucoup entendre vos témoignages sur la solitude, comment la supporter, l’améliorer… Comment la vivez-vous, qu’elle soit en France ou à l’étranger ?

 

 

PS : la photo date du Festival St-Honoré dans l’Vent, un rassemblement de cerfs-volants qui s’est tenu au mois de juin près de Chicoutimi, où un F-18 de la base aérienne de Bagotville était venu faire une démonstration. La galerie sera bientôt en ligne !

3 Thoughts to “La dernière ligne droite”

  1. Coucou miss !

    Je n’ai pas forcément peur d’être seule, car j’aime bien me centrer sur moi pour réfléchir et parfois, faire des choses que pour soi c’est très valorisant.
    Partager c’est aussi très bien, et souvent les moments sont plus intenses à plusieurs… Je dirais qu’il faut un peu des deux. J’étais au Laos en 2013… J’avais des moments seule qui m’ont réellement aidé à me trouver “moi-même” et des moments à plusieurs qui m’ont aussi montré ce qu’était la vie, la vraie 😉 !

    Je sais pas si je suis claire, mais je comprends ton sentiment. Tes dernières semaines : vis les pour toi, fais ce que tu aimes, meme si tu es seule et tu en sortiras encore plus enchantée!

    Force!!! 😀

    1. Coucou ! Merci de ton commentaire, tu as raison. Et le fait d’être seule pour le moment me permet de réaliser à quel point c’est génial d’avoir de la compagnie malgré le fait de rouspéter après les autres parfois haha ! La situation s’est bien améliorée depuis ce post et je me sens mieux dans ma solitude, mais c’est une chose sur laquelle je vais devoir continuer de travailler ! Cheers 🙂

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